2010 EN CHIFFRES
- 🔥 Surface recensée : 8 510 hectares pour 2 419 feux cartographiés par la BDIFF*
- 📍 Le plus grand feu recensé : Fontanès, 2 544 hectares le 30 août, lors d’un épisode qui frappe le même jour Villeveyrac (407 ha)
- 🚒 L’été côtier : le 24 juillet, un feu parcourt 915 hectares à Châteauneuf-les-Martigues, en bordure de l’étang de Berre
- ⏱️ Fait marquant : le pic de la saison française survient fin août, à contretemps du cœur de l’été
- 🤕 Bilan humain : aucune victime rapportée dans les bilans de la saison française*
- 🌍 Le contraste mondial : la Russie vit cet été-là la pire canicule de son histoire, ses forêts et tourbières brûlent, Moscou étouffe sous les fumées
*Périmètre BDIFF : feux recensés dans la base nationale des incendies de forêt (ministère de l’Agriculture), ceux que la carte ci-dessous affiche. Les bilans toutes végétations peuvent être supérieurs ; aucun bilan national consolidé n’a été publié pour cette année.
Incendies : BDIFF, ministère de l'Agriculture · Forêts : IGN BD Forêt® V2.
Zones brûlées 2010 recensées par la BDIFF (ministère de l’Agriculture).
L’année 2010 en un regard
Pour la France, 2010 fut une saison de milieu de tableau : 8 510 hectares pour 2 419 feux recensés, sans drame national. L’été s’écoule, ponctué de classiques méditerranéens, comme ce feu de 915 hectares à Châteauneuf-les-Martigues le 24 juillet, en bordure de l’étang de Berre, dix ans avant que Martigues ne revive l’épreuve en plus grand. Puis, alors que la saison semble finie, le 30 août, un épisode tardif embrase le Languedoc : 2 544 hectares à Fontanès, 407 autres à Villeveyrac le même jour. Le plus grand feu français de l’année aura brûlé quand les vacanciers rangeaient les parasols.
Pendant ce temps, la Russie brûlait
L’histoire du feu en 2010 ne s’est pas écrite en France. Cet été-là, la Russie a vécu la pire canicule de son histoire documentée : des semaines au-dessus de 35 °C sur la Russie d’Europe, des centaines de milliers d’hectares de forêts et de tourbières en feu, des villages rayés de la carte, et Moscou étouffant des jours durant sous un smog toxique qui fera exploser la mortalité. Les images de la capitale russe noyée dans la fumée ont fait le tour du monde ; les moissons anéanties ont fait flamber les prix mondiaux du blé.
Pour l’Europe de l’Ouest, épargnée, 2010 fut la première démonstration à grande échelle de ce qu’un blocage caniculaire durable peut infliger à un pays forestier tempéré. Ce que la Russie a vécu en 2010, le pourtour méditerranéen puis la France l’expérimenteraient par degrés dans la décennie suivante, jusqu’à l’été 2022.
Ce que 2010 nous apprend
D’abord, que le feu est devenu un phénomène planétaire et systémique : une canicule à Moscou renchérit le pain au Caire. Les étés extrêmes ne sont plus des loteries locales mais les symptômes d’une même dérive, dont chaque pays tire son numéro à tour de rôle. Ensuite, que le calendrier français glissait déjà : un pic de saison le 30 août, comme les feux d’octobre de l’année suivante, annonçait l’allongement que 2023 rendrait officiel. Cette dérive s’écrit dans l’atmosphère : découvrez à quel taux de CO₂ vous êtes né, la courbe ne redescend pas.
Et après le feu ?
La Russie a répondu à 2010 en réformant sa protection des forêts ; la France, elle, disposait déjà du système que le monde lui enviait. Mais 2010 posait à tous la même question : que vaut le meilleur système de lutte face à un blocage climatique de six semaines ? La réponse, dix ans plus tard, tient en un mot : le territoire. Des paysages divers, morcelés et vivants, qui ne s’embrasent pas d’un seul tenant, sont la seule assurance qui fonctionne quand le ciel s’arrête. C’est celle que cultive le Domaine le Closeau.
Explorez toutes les années sur la carte des feux de forêts.
Sources : base nationale des incendies de forêt BDIFF (ministère de l’Agriculture) ; sur la canicule et les feux russes de 2010 : bilans internationaux largement documentés.