2009 EN CHIFFRES
- 🔥 Surface recensée : 14 526 hectares pour 2 984 feux cartographiés par la BDIFF, l’année la plus lourde de la période 2006-2011*
- 📍 Le jour noir : le 23 juillet, la Corse-du-Sud s’embrase, avec 3 221 hectares à Fozzano et 1 201 hectares à Sartène le même jour
- 🚒 Marseille touchée : la veille, le 22 juillet, un feu de 1 065 hectares atteint les quartiers de la ville, parti d’un exercice de tir sur un camp militaire
- ⏱️ La saison qui déborde : un feu de 1 190 hectares brûle encore à Vendémian (Hérault)… le 2 octobre
- 🤕 Bilan humain : aucune victime rapportée dans les bilans de la saison*
*Périmètre BDIFF : feux recensés dans la base nationale des incendies de forêt (ministère de l’Agriculture), ceux que la carte ci-dessous affiche. Les bilans toutes végétations peuvent être supérieurs ; aucun bilan national consolidé n’a été publié pour cette année.
Incendies : BDIFF, ministère de l'Agriculture · Forêts : IGN BD Forêt® V2.
Zones brûlées 2009 recensées par la BDIFF (ministère de l’Agriculture).
L’année 2009 en un regard
Avec 14 526 hectares pour près de 3 000 feux recensés, 2009 est l’été le plus lourd de sa décennie, et la carte ci-dessus le montre d’un regard : la Corse y flamboie. En deux jours de fin juillet, l’île et la Provence ont concentré l’essentiel du bilan national, dans un enchaînement qui a marqué les mémoires méridionales.
Les feux qui ont marqué 2009
Le 22 juillet, un incendie se déclare sur un camp militaire au-dessus de Marseille, lors d’un exercice de tir mené en pleine période de risque maximal. Poussé vers la ville, le feu parcourt 1 065 hectares et atteint les lisières des quartiers marseillais, provoquant une vive polémique nationale : comment des tirs pouvaient-ils être autorisés un jour pareil ? L’affaire, qui contraindra l’armée à revoir ses pratiques estivales, illustre jusqu’à l’absurde la statistique fondatrice : neuf feux sur dix sont d’origine humaine, imprudences institutionnelles comprises.
Le lendemain, 23 juillet, c’est la Corse-du-Sud qui s’embrase sous le vent : 3 221 hectares brûlent à Fozzano, dans le Sartenais, tandis qu’un second front dévore 1 201 hectares à Sartène même. Plus de 4 400 hectares en un jour sur un seul territoire : les villages de l’Alta Rocca et du Sartenais voient les flammes de près, et l’île revit ses grands étés noirs. Enfin, comme un présage du calendrier à venir, la saison refuse de finir : le 2 octobre, un feu parcourt encore 1 190 hectares à Vendémian, dans l’Hérault.
Ce que 2009 nous apprend
2009 est l’année des causes évitables poussées à leur paroxysme : un exercice militaire un jour de mistral, et une métropole respire les fumées. La prévention n’est pas qu’une affaire de mégots ; elle est une discipline collective qui n’admet aucune exception, pas même en uniforme. L’épisode corse, lui, rappelle la vulnérabilité singulière de l’île : maquis continu, vent violent, relief qui complique tout. Des ingrédients que l’on retrouverait à chaque grand été méditerranéen, de 2017 à l’ogre des Corbières.
Et déjà, ce feu d’octobre dans l’Hérault esquissait l’allongement de la saison que 2023 consacrerait. Le moteur de fond était en marche ; il s’écrit dans l’atmosphère : découvrez à quel taux de CO₂ vous êtes né, la courbe ne redescend pas.
Et après le feu ?
Dans le Sartenais, le maquis a repris ses droits comme il le fait depuis des millénaires, opiniâtre et parfumé. Mais chaque passage du feu appauvrit un peu plus les sols minces de l’île, et les forestiers corses le savent : là où le feu repasse tous les quinze ans, la forêt ne revient jamais vraiment. C’est la conviction que le Domaine le Closeau applique à ses propres terres : casser la mécanique de la répétition par des paysages divers, morcelés et vivants, où chaque coupure gagnée sur la continuité est une décennie gagnée sur le feu.
Explorez toutes les années sur la carte des feux de forêts.
Sources : base nationale des incendies de forêt BDIFF (ministère de l’Agriculture) ; sur le feu de Marseille du 22 juillet 2009 et son origine militaire : bilans officiels et couverture de presse nationale de l’époque.