Feux de forêts en France en 2017 : le bilan complet

Quatre grands feux simultanés, 12 000 évacués à Bormes-les-Mimosas, des vacanciers dormant sur les plages : retour sur juillet 2017, l’été où le Sud-Est a brûlé de toutes parts.

Légende de l'image : Feu de forêt - Fly-n-sense [Pseudo Wikipédia] | Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0

Table des matières

2017 EN CHIFFRES

  • 🔥 Surface brûlée : plus de 7 200 hectares en quatre jours dans le seul Sud-Est lors de l’épisode de fin juillet, l’une des saisons les plus lourdes de la décennie*
  • 📍 La simultanéité : quatre grands feux en même temps, à La Croix-Valmer, Artigues, Bormes-les-Mimosas et en Haute-Corse
  • 🚒 Pompiers mobilisés : plus de 4 000 pompiers et militaires de la Sécurité civile, appuyés par 19 avions bombardiers d’eau engagés simultanément (ministère de l’Intérieur)
  • ⏱️ Le pic : dans la nuit du 25 au 26 juillet, le feu de Bormes parcourt 800 hectares et jette 12 000 personnes sur les routes
  • 🤕 Bilan humain : aucune victime ; une dizaine de pompiers légèrement blessés (La Croix-Valmer, Artigues, Bormes)
  • 🏠 Dégâts : environ 12 000 évacués dont 3 000 campeurs à Bormes, 250 caravanes brûlées, une soixantaine de personnes évacuées par la mer depuis le cap Bénat

*Aucun bilan national annuel consolidé n’a été rendu public pour 2017 ; le chiffre reflète le bilan officiel de l’épisode au 27 juillet.

Incendies : BDIFF, ministère de l'Agriculture · Forêts : IGN BD Forêt® V2.

Zones brûlées 2017 recensées par la BDIFF (ministère de l’Agriculture). Les chiffres de la carte peuvent différer du bilan national, qui inclut toutes les végétations.

L’année 2017 en un regard

Il y a des étés où le feu frappe fort en un point ; juillet 2017 a frappé partout à la fois. En quatre jours, du 24 au 27 juillet, plus de 7 200 hectares partent en fumée dans le Sud-Est, dévorés par quatre incendies simultanés : La Croix-Valmer aux portes de Saint-Tropez, Artigues au cœur du Var, Bormes-les-Mimosas sur le littoral, et la plaine de Biguglia en Haute-Corse, où 1 800 hectares brûlent. Pour la première fois à cette échelle, la France découvre ce que « simultanéité » veut dire pour ses moyens de lutte.

Les feux qui ont marqué 2017

Tout commence le lundi 24 juillet au soir, dans la pinède de Gigaro, à La Croix-Valmer : 500 hectares, le cap Taillat léché par les flammes, sept pompiers légèrement blessés. Au même moment, à Artigues, un feu parcourt 1 600 à 1 700 hectares et n’est stoppé qu’à 80 mètres des habitations de Seillons-Sources-d’Argens.

Puis vient la nuit du 25 au 26 juillet. À Bormes-les-Mimosas, poussé par un mistral déchaîné, un feu parcourt 800 hectares en quelques heures, jusqu’à 1 600 au total. Ce que la France retiendra, ce sont les images de cette nuit-là : 12 000 personnes évacuées, dont 3 000 campeurs, des familles dormant sur les plages sous un ciel rougeoyant, une soixantaine de personnes évacuées par la mer depuis le cap Bénat vers Le Lavandou, 250 caravanes calcinées. « Un mur de feu de 20 mètres de haut », racontera un viticulteur dont la moitié du domaine a brûlé. Miraculeusement, l’épisode ne fera aucune victime, seulement une dizaine de pompiers légèrement blessés.

Face à cette crise éclatée, l’État engage plus de 4 000 pompiers et militaires et 19 bombardiers d’eau (10 Canadair, 7 Tracker, 2 Dash), tandis que l’Italie prête un appareil pour la Corse. La flotte tourne à saturation : chaque avion envoyé sur un feu manque à un autre.

Ce que 2017 nous apprend

2017 a posé une question que 2022 rendrait brûlante cinq ans plus tard : que se passe-t-il quand plusieurs grands feux éclatent en même temps ? La doctrine française repose sur la frappe massive et rapide ; la simultanéité en est l’ennemi mortel, car elle oblige à choisir. L’été 2017 a fonctionné comme une répétition générale : la solidarité européenne (l’avion italien) et l’arbitrage permanent des moyens aériens deviendraient ensuite la norme des grandes saisons. C’est aussi l’année d’après Rognac : la Provence enchaînait alors sa deuxième saison noire consécutive, signe qu’un cycle s’installait.

L’autre leçon est touristique : le feu de Bormes a montré la vulnérabilité extrême d’un littoral qui triple de population en été, campings en lisière de maquis, routes saturées, évacuations nocturnes. Le climat qui arme ces étés s’écrit dans l’atmosphère : découvrez à quel taux de CO₂ vous êtes né, la courbe ne redescend pas.

Et après le feu ?

À Bormes, brûlée pour la troisième fois en quarante ans, la commune a transformé le traumatisme en méthode : plan communal de sauvegarde renforcé, culture du risque revendiquée. Les collines, elles, cicatrisent lentement, sur une végétation « à bout de souffle » selon les forestiers. C’est le rappel que porte le Domaine le Closeau : un territoire qui brûle tous les quinze ans n’a jamais le temps de redevenir forêt. Seuls des paysages divers, morcelés et vivants cassent cette répétition.

Explorez toutes les années sur la carte des feux de forêts.

Sources : franceinfo et ICI/France Bleu (points de situation préfecture du Var, 25-27 juillet 2017), ministère de l’Intérieur (moyens engagés), mairie de Bormes-les-Mimosas (bilan communal), France 3 PACA (récits et bilan trois ans après).

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