Feux de forêts en France en 2015 : le bilan complet

580 hectares de pins en flammes aux portes de Bordeaux, une semaine de lutte : retour sur l’incendie de Saint-Jean-d’Illac et sur la saison 2015, répétition générale girondine.

Légende de l'image : Feu de forêt - Fly-n-sense [Pseudo Wikipédia] | Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0

Table des matières

2015 EN CHIFFRES

  • 🔥 Surface brûlée : environ 11 500 hectares sur l’année (graphique officiel des surfaces brûlées 2011-2022), une saison au-dessus des années précédentes
  • 📍 Le feu marquant : Saint-Jean-d’Illac et Pessac, aux portes de Bordeaux, à partir du vendredi 24 juillet
  • 🚒 Pompiers mobilisés : des renforts venus de toute la France ; les bilans évoquent de 660 à 1 500 pompiers engagés au fil de la semaine
  • ⏱️ Durée : près d’une semaine de lutte pour venir à bout du feu d’Illac
  • 🤕 Bilan humain : aucune victime rapportée dans les bilans du sinistre*
  • 🏠 Évacuations : 500 à 600 habitants évacués à Saint-Jean-d’Illac et Pessac, des flammes à quelques mètres des maisons

*Aucun bilan national consolidé n’a été publié pour la saison 2015 ; cette ligne reflète les bilans du sinistre principal.

Incendies : BDIFF, ministère de l'Agriculture · Forêts : IGN BD Forêt® V2.

Zones brûlées 2015 recensées par la BDIFF (ministère de l’Agriculture). Les chiffres de la carte peuvent différer du bilan national, qui inclut toutes les végétations.

L’année 2015 en un regard

L’été 2015 fut chaud, traversé d’une canicule précoce, et son bilan (environ 11 500 hectares) dépasse nettement celui des années tranquilles qui l’ont précédé. Mais si cette saison mérite qu’on s’en souvienne, c’est pour un feu en particulier. Pas dans les garrigues méditerranéennes où on l’attend chaque été, mais dans les pins maritimes de Gironde, aux portes de Bordeaux. Sept ans avant que le monde entier ne découvre Landiras, la forêt landaise donnait son avertissement.

Le feu qui a marqué 2015 : Saint-Jean-d’Illac

Le vendredi 24 juillet, en fin de journée, un feu se déclare à Saint-Jean-d’Illac, en périphérie immédiate de Bordeaux. Attisé par le vent tout le week-end, il gagne la commune voisine de Pessac et s’installe dans la durée : il faudra près d’une semaine pour en venir à bout. Les renforts affluent de toute la France ; selon les bilans, de 660 à 1 500 pompiers se relaieront face aux flammes.

580 hectares de forêt sont détruits. C’est, à l’époque, du jamais-vu depuis les feux de Sainte-Hélène en 2011 et de Lacanau en 2012 : trois alertes girondines en cinq ans, dans le plus grand massif forestier cultivé d’Europe. 500 à 600 habitants sont évacués, certains voyant les flammes s’arrêter à quelques mètres de leur maison. « Le ciel était tout rouge, c’était la nuit en pleine journée », racontera une habitante partie « sans réfléchir, en laissant la maison grande ouverte ». L’épisode ne fera aucune victime rapportée, mais il marquera durablement la commune : des semaines durant, des forestiers volontaires monteront la garde sur les lisières fumantes.

Ce que 2015 nous apprend

Avec le recul, Illac ressemble à une répétition générale. Tous les ingrédients de la catastrophe girondine de 2022 y sont déjà : un massif de pins continu et inflammable, une métropole qui grignote la forêt, des interfaces habitat-forêt mal préparées, un feu qui s’installe dans la durée malgré des moyens massifs. Des voix s’élevèrent dès l’automne 2015 pour « tirer les enseignements » du sinistre ; l’histoire dira que le massif des Landes de Gascogne disposait de sept ans pour se préparer à bien pire.

La leçon vaut au-delà de la Gironde : les grands feux n’arrivent presque jamais sans signaux précurseurs. Une région qui brûle « un peu » tous les trois ou quatre ans est une région qui apprend, ou une région qui attend. Le climat, lui, ne laisse plus le choix : chaque été gagne en sécheresse ce que les massifs perdent en résilience. Ce basculement s’écrit dans l’atmosphère : découvrez à quel taux de CO₂ vous êtes né, la courbe ne redescend pas.

Et après le feu ?

L’après-Illac est l’une des plus belles histoires de reboisement de la décennie : portées notamment par le fonds « Plantons pour l’avenir » et les entreprises locales, l’intégralité des parcelles détruites a été replantée. Sept ans après, la forêt revit, jeune et vigoureuse. La commune, elle, n’a rien oublié : à chaque colonne de fumée, les souvenirs de 2015 remontent. C’est exactement l’esprit du Domaine le Closeau : replanter toujours, mais replanter autrement, en mosaïques diverses et vivantes plutôt qu’en monocultures continues, pour que la forêt qui repousse soit plus résistante que celle qui a brûlé.

Explorez toutes les années sur la carte des feux de forêts.

Sources : ICI/France Bleu Gironde (bilans 2015, 2016 et rétrospective sept ans après), graphique officiel des surfaces brûlées 2011-2022 (dossier de presse interministériel 2023).

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